Chasse du dimanche 31 janvier 2010
Arrivée à Vinon sur Verdon le thermomètre affiche une température négative. Mais heureusement le Mistral de la veille a bien voulu resté couché.
Les chevaux débarqués chacun m’interroge de la voie que nous allons trouver. Eternelle réponse: Les chiens vous le diront.
Deux jeunes filles à cheval que nous rencontrions de temps en temps sur le territoire sont venues suivre leur première chasse suite à mon invitation.
Nous apprenons avec joie la grossesse de Marie qui pour la circonstance suivra à pied.

Le rapport est donné à 11h 45.


Je commence à fouler le bas de Malakoff.

Les chiens lancent rapidement deux animaux qui traversent la coupe et s’y déhardent. Stéphanie me donne le renseignement, alors que Geoffroy prend la tête du plus gros paquet des chiens et que Jean Philippe va arrêter la deuxième chasse. Les chiens ont du mal à pousser vite leur animal. Les récries sont donnés par à coup.
Voila la réponse, le sol qui dégèle ne retient pas la voie. Je remarque toujours que par ce type de temps elle revient au bout d’une dizaine de minutes. Je pense que la différence de température fait monter dans l’air le sentiment puis la pression atmosphérique le fait redescendre. Les chiens de tête doivent y passer dessous. J’en veux pour preuve quand on revient au défaut au bout de dix à quinze minutes les chiens ont connaissance de la voie.
Notre animal va se faire battre dans les enceintes de Pontoise. Les chiens arrivent à le maintenir tant bien que mal grâce aux vues successives données à tour de rôle par tous les cavaliers, oui je dis bien tous les cavaliers. Il finit par donner le change sur une grosse chèvre accompagnée d’une chevrette.
Je laisse faire. Nous chassons depuis moins d’un quart d’heure, et en plus la voie de deux animaux sera plus facile, du moins tout le temps où ils seront hardés. Les chiens sont beaucoup plus criants. Mais les animaux doivent le savoir car ils se déhardent dés la deuxième enceinte. Les chiens choisissent la chevrette qui fait un retour.
Nous repartons sur le même scénario. Vue après vue nous arrivons à la maintenir durant une quarantaine de minutes, mais pas assez vite pour espérer un hallali.
Elle pénètre dans l’agrandissement. Dans ces enceintes très fourrées la voie semble meilleure. Les chiens accélèrent. Elle a dû comprendre son erreur car elle n’hésite pas à s’engager dans la coupe malgré les nombreux cavaliers et suiveurs présents. Elle panique. Malgré tout elle remonte sur la tête. Je tire les chiens à la vue qui manifestement ont peu connaissance de la voie. Elle replonge dans le vallon pour sortir de l’agrandissement. La chasse revient dans Pontoise, le château d’eau.
Les chiens sont de nouveau à la peine. Puis d’un coup la musique s’amplifie.
Ah… La voie serait elle meilleur ? Et non! la fanfare si redoutée résonne « Plusieurs animaux traversent l’allée plus haut… » Elle a retrouvé la chèvre.
Geoffroy m’annonce deux animaux frais. Je laisse faire…
Je vois sauter l’allée suivante les deux animaux. Je juge le plus petit nettement plus à la peine que le gros. Impression partagée par Jean Philippe à l’allée d’après. Ils pénètrent dans l’enceinte des écuries. Je demande à tous d’être attentifs et de bien surveiller les allées. Je pense qu’ils vont rapidement se déharder. Le seul à qui je ne peux donner l’information est Mickey qui s’est posté au carrefour du bas de l’allée de Saint Tulle. La chèvre a dû le savoir car je la vois au loin lui passer devant à quelques mètres. Il la juge de change, et ne la sonne pas, par contre il oublie d’arrêter les chiens qui arrivent. Il leur faudra avec Geoffroy et Jean Philippe les récupérer dans la coupe de Malakoff.
Que de temps perdu ! Je reviens dans l’enceinte des écuries en espérant que la chevrette y sera restée. Je foule pendant une demi-heure. Les chiens ont connaissance de bout de voie, se récriant plus fort dans certains buissons où elle a dû s’arrêter. Mais pas de relancé.
On vient m’annoncer que ma Nini a entendu un chien qui reculait pour se diriger vers les longues terres alors que nous arrêtions les autres sur la grosse chèvre. Je pense à Unique qui est revenue à mes encouragements quand je foulais l’enceinte. Renseignement que les cavaliers n’ont pas su me porter tout de suite.
Bon je porte les chiens qui travaillent à merveille cette voie. Ceci confirme mes propos précédents. Arrivé au haut de Malakoff, j’entends une vue sonnée avec insistance sur la grand allée. La chevrette passe devant Mickey. Elle n’a pas attendu de se faire relancer et a préféré se forlonger.
Les chiens mis à la voie se récrient bien pour traverser la coupe de la falaise, où elle les met en difficulté en faisant une double. Toujours le même scénario ils n’arrivent pas à emballer le train.
Ils arrivent dans le vallon des buis.
Geoffroy entend la chevrette… elle traverse devant lui tête basse faisant sa chasse! Quand elle le voit, elle se redresse et débuche dans le champ de la vigne. J’y porte donc les quelques chiens qui sont avec moi. Je demande à Geoffroy de garder cette tête, alors que je rameute chiens qui ne sont toujours pas sortis du vallon. Elle reprend de l’avance sur eux qui ont toujours du mal à accélérer.
Défaut sur le chemin de la cavalerie! Je recule dans l’enceinte au grand étonnement de Jean Sébastien. Et oui je n’ai rien devant, allons voir donc derrière!
Les chiens se récrient sur une voie qui traverse la grande allée pour pénétrer dans l’enceinte du chevreuil. Toujours cette impression de chasser en rapprocher.
Une chèvre sort de l’enceinte.
Edouard accompagné d’Aliette qui insuffle l’esprit veneur à son futur bébé, qui s’imprègne des sons qui enchantent nos journées de vénerie, la juge de change. Avis partagé par Jean Philippe qui est à leur coté. De plus ils pensent qu’elle n’a pas pu traverser la grande allée sans que les nombreuses personnes la voient.
Malgré mon doute sur une bonne surveillance, je retourne fouler l’enceinte de la Cavalerie. Je la ferme consciencieusement. La seule connaissance qu’ont les chiens est le bout de voie qui traverse l’allée. Je reviens donc au dernier récrie qui restera sans suite.
En retraitant nous nous disons que si nous avons pu promener cette chevrette, ce fut beaucoup plus par les renseignements que par la voie.
Heureusement que Nini nous a concocté un excellent ragoût de mouton qui nous a réchauffés.
François Bouffil

Photos: Nicole Bouffil


