Weekend du 04 et 05 février

 

A l’initiative d’Antoine et avec l’accord de la famille Herbeau, le domaine de Barbebelle accueille pour deux journées la vénerie.

L’équipage du bois d’Hirley à Nicolas Besson découple ses jolis petits anglos samedi et dimanche matin. J’ai pu suivre  la chasse du samedi. Il est impressionnant de voir la complicité qui règne entre les hommes et les chiens de cet équipage.

Dès l’attaque j’assiste à un essaim de chiens qui rallient au chien criant, un plaisir des yeux et des oreilles. Malgré leur sagesse, leur sérieux trop de lièvres se sont donné le relais en tournant en rond dans le bois de carrère. Enfin de journée un lièvre est sérieusement bousculé et doit son salut en sortant du territoire.

Le dimanche matin saint Hubert n’est pas du côté des veneurs en  ouvrant les vannes du ciel.

Le rallye Crespin  avec 31 chiens prend la suite à 12 heure.  Saint Hubert nous aime bien, la pluie s’est rapidement arrêtée, mais il aime tout autant les chevreuils en les mettant tous sur pied.

Dès le lancer deux chasses se forment. Nous arrivons à faire rallier sur celle qui perce vers la bergerie. Mais rapidement plusieurs animaux se dérobent devant les chiens, provoquant une nouvelle fois l’éclatement des chiens. Ce scénario se répète inlassablement.

Chaque fois que je rencontre un suiveur il m’annonce une vue sur un animal qui lui semble mouillé. Normal le bois est mouillé ! Impossible que les chiens se décident à choisir leur animal. Nous y croyons un moment quand ils maintiennent une chevrette. Elle est vue doublant  sa voie dans la vigne de Jas d’amour. Les chiens tombent en défaut quand elle se rembuche. Geoffroy vient nous annoncer une chevrette qui s’arrête au milieu d’un chemin pour s’abreuver. Nous y portons les chiens à sa vue. Ils empaument la voie sur son contre, ou alors a-t-elle reculé quand Geoffroy a dû contourner la longe dans laquelle elle avait pénétré, pour venir nous avertir. Elle a bien reculé car les chiens crient sans interruption en prenant la direction de carrère.  Encore une fois plusieurs chasses se forment.

Je décide une dernière fois de tout rameuter, et aller fouler vers les ruines.  Jean Philippe annonce un joli brocard qui se dérobe. Il appuie les chiens. Je vois ce brocard sauter l’allée. Je laisse faire les chiens sans les appeler à la vue pour qu’ils goûtent bien à son sentiment. A mon étonnement ils ne viennent pas à la vue mais percent vers le bois de Rognes. Ils ont déjà changé d’animal.

Je remonte la chasse qui a refusé le bois de Rognes et qui revient vers moi. Je vois arriver à travers bois un petit brocard à l’ouvrage. J’appuie  les chiens qui sont à quelques secondes derrière. Il revient à son enceinte. Les chiens bien ameutés ne lâchent rien. Il passe devant Jean Philippe qui le sonne. Il prend chemins et allées. J’appuie vigoureusement. Les chiens l’ont dans le nez il ne faut pas lâcher. De voir le patron debout sur ses étriers va motiver tout le monde !

La chasse perce vers Carcassone, puis traverse le champ mitoyen de l’enclave. Il est difficile de coller aux chiens dans cette partie. Je demande à Geoffroy de passer par la gauche alors que je contourne par la droite au cas où notre animal revienne vers les clairettes. J’entends la chasse tourner vers les restanques  puis faire tête vers le jas d’amour. Il me faut solliciter mon cheval pour recoller à la tête.

Je retrouve Jean Côme le long du grand champ labouré. Ayant rattrapé la tête je peux de nouveau appuyer. Les chiens se récrient  dans la vigne en son milieu et dans toute sa longueur. Un plaisir de les regarder dérouler la voie pleine gueule. La chasse prend la direction de l’entrée du domaine. Je vois avec satisfaction Jean Côme qui s’y dirige plein galop pour protéger les chiens de la route. Merci de ce bon réflexe.

La chasse prend la direction du bois de Rognes (nid à chevreuils) en ayant auparavant fait un crochet dans le jardin du château.

J’espère que notre brocard continuera à percer tout droit pour revenir aux ruines. Il en décide autrement en mettant les chiens en défaut au sommet du bois. Je les laisse travailler leur défaut tous seuls. Plusieurs animaux sont vus sur pied. Les chiens sont sages mais ne relèvent pas le défaut. Je les porte en avant pour fermer le long des étangs dans le cas où le brocard aurait percé vers les ruines. Jean Philippe me met en garde que trois animaux ont été vus traversant les prés des étangs. Oui c’est bien de donner l’information mais cela aurait été encore mieux si un cavalier s’était positionné devant la coulée où ces animaux se rembuchent pour arrêter les chiens au cas où ils auraient empaumé la voie.

Les chiens ignorent cette voie ou n’en ont pas connaissance.

Je reviens au défaut au cas où il serait resté là. Une chevrette bondit au nez des chiens. Ils sont arrêtés facilement. Je fais les retours. Rien.

Bien que je sente la démotivation qui gagne les cavaliers, je décide d’aller fouler en dernier recours l’enceinte des ruines.

Seule une chevrette est mise sur pied sans intérêt pour les chiens.

La retraite est sonnée.

Les paniers sont ouverts dans cette ambiance si particulière à Barbebelle.

Merci Madeleine, Brice d’avoir encore une fois ouvert votre domaine à la vénerie.