E – L

E

EAU. Tout animal qui, s’étant jeté dans une rivière ou un étang y nage à la vue des veneurs et des chiens, bat l’eau . Un animal qui ne fait que traverser un étang prend l’eau

ÉCHAUFFER. La voie du cerf, du daim ou du sanglier s’échauffe : plus ces animaux sont chassés, plus leur voie est chaude. C’est le contraire pour le chevreuil et le lièvre.

ÉCLABOUSSURES. La boue qu’à son passage un animal de chasse a fait rejaillir sur les herbes, branchages, etc., et dont le veneur prend connaissance

ÉCOUTES. Oreilles du sanglier.

ÉCUYER. De même qu’un vieux sanglier est quelquefois accompagné d’un jeune ragot qu’on appelle page, un cerf est parfois accompagné d’un jeune cerf appelé écuyer et que le cerf livre pour faire valoir le change

EFFILÉ. Un chien aminci par la fatigue.

ÉGRATIGNURES. Empreintes insuffisantes, et imperceptibles que le cerf ou les autres animaux laissent lorsqu’il fait mauvais revoir ou dans les terrains trop durs.

EMBOUCHURE. Petite partie de la trompe de chasse en forme d’entonnoir qui s’applique aux lèvres pour sonner.

EMBUCHER. Au petit jour, les animaux quittent les champs et les prés pour s’embucher, c’est-à-dire rentrer au bois

EMMENER. Les chiens emmènent une voie, c’est-à-dire chassent franchement.

EMPAUMER. S’emploie en parlant d’un limier ou des chiens courants qui prennent résolument et sans hésitation la voie d’un animal : les chiens ont empaumé la voie.

EMPAUMURE. Haut de La tête du cerf lorsque les andouillers qui la terminent sont rangés comme les doigts de la main . Les cerfs n’ont d’empaumure qu’à partir de sept ans

EMPORTER. Un chien emporte la voie quand il suit sans difficulté la voie de l’animal de chasse. Le vent qui dessèche emporte la voie.

ENCEINTES. Parties des bois séparées par des routes ou des chemins. . Croiser l’enceinte, c’est la traverser en longueur puis en largeur. Envelopper une enceinte c’est faire toutes les routes qui l’entourent. Un valet de limier raccourcit l’enceinte quand il prend une coulée ou un layon qui diminuent son étendue. L’animal qui sort de son enceinte vide l’enceinte.

ENFOURCHURE. Andouiller qui se termine en fourche.

ENLEVER. Enlever les chiens : les arrêter sur une voie de change pour les remettre sur la bonne voie.

ENTÉES. Fumées du cerf dont la forme parait grosse parce qu’il y en a deux tellement unies qu’elles ne semblent en faire qu’une.

ENTREHARDER. Les chiens s’entrehardent quand, couplés, ils se mêlent et s’embarrassent les jambes dam leurs couples.

ENTREPRENANT. Chien travaillant avec ardeur pour dresser la voie d’un animal, l’attaquer, relever un défaut etc...

ENTREPRISE. Ce terme signifie persévérance et décision. Le veneur, qu’aucun embarras ne décourage et qui prend promptement son parti est un veneur de grande entreprise(BV). Du Fouilloux emploie ce terme pour qualifier les chiens Bauld.

ÉPIÉ ou ESPIÉ. Quand des mèches de poil s’élèvent au milieu du front du chien (comme des épis) . Ce serait un signe de vigueur.

ÉPIEU. C’est une arme des temps anciens. Il est constitué d’une hampe en bois terminée par un fer en forme de feuille de myrthe.

ÉPOIS. Ce sont les andouillers de l’empaumure.

ÉPONGES. Les deux coussinets du talon du pied du cerf.

ÉQUIPAGE. Ensemble du matériel et du personnel servant à la chasse à courre, tels valets de chiens, piqueurs, chevaux, chiens, voitures, etc...

ERGOTÉ. Chien qui a par derrière un ongle de surcroît, au-dessus du pied ou en dedans, signe d’impureté de race.

ERRES. Termes employés pour les voies du cerf. Les erres sont rompues : la voie a disparu. Le cerf va de hautes erres : lorsqu’il est passé il y a un certain temps.

ÉRUCIR. Un cerf, un lièvre érucit lorsqu’il prend dans sa bouche un bout de branche et la suce. C’est un moyen pour le cerf de se désaltérer. Un animal n’érucit que lorsqu’il est sur ses fins.

ESCHINE. Ne dites pas le dos, mais dites l’eschine d’un serf, d’un daim, d’un sanglier.

ESSAIS. Ce sont les commencements de frayoirs laissés sur les branches par les cerfs. Un sanglier a donné de l’essai lorsqu’il a essayé ses défenses contre un arbre.

ÉTRAQUER. Suivre le pied d’un animal dans la neige.

ÉTRUFFÉ. Se dit d’un chien qui a fait un effort de la rotule.

ÉVENTER. Le chien évente une voie lorsqu’il la sent sans mettre le nez à terre .


F

FAILLIR. Vieux terme synonyme de manquer.Du Fouilloux, Charles IX,Salnove disent : faillir un cerf, ou ne pas le forcer.

FAIRE. Quelques exemples employés par les veneurs : Faire le bois, faire la plaine, faire l’enceinte, faire valoir le change (c’est-à-dire tourner au change); on dit aussi un cerf fait sa lite, une bête fait sa nuit un sanglier fait tête ; faire les devants, faire les honneurs, faire suite.

FANFARES. Ce sont les airs que l’on sonne sur la trompe de chasse pour annoncer les circonstances, les animaux(du Fouilloux).

FAON. Petit de la biche, de la daine et de la chevrette.

FAONNER. Terme employé pour les biches et les chevrettes qui mettent bas.

FAUX-FUYANTS. Petits sentiers. Faux rembuchements : lorsqu’un animal entre de quelque part dans une enceinte et qu’il en ressort du même côté.

Faux-repaître : Se dit d’un cerf chassé qui, faisant plaine, essaie d’avaler un peu d’herbe sans y parvenir, il est alors sur ses fins.

FERME. Un sanglier tient le ferme lorsqu’il s’accule dans son fort et refuse de débucher en faisant tête aux chiens .

FIENTES. Excréments des animaux ; désigne surtout les laissées des bêtes puantes.

FILANDRES. Toiles d’araignées très fines qui se forment dans les voies des animaux et qui les font juger de hautes erres .

FLAIR. Terme qui désigne l’odorat, le nez du chien.

FLÂTRER. L’endroit où l’animal se met sur le ventre. Le loup, le renard, le lièvre se flâtrent .

FOLIE. Une chienne en chaleur, on dit aussi en feu.

FORBOUTER. Actuellement ce terme n’est plus usité. Ils ne forboutent point, c’est-à-dire ne passent jamais plus avant que la bête a été. De nos jours, on dit outrepasser .

FORCER. Prendre un animal après l’avoir chassé à courre et réduit aux abois.

FORHU. Panse du cerf du chevreuil, etc., qu’on portait au bout d’une fourche à la curée pour encourager les chiens .

FORHUIR. Sonner de la trompe et corner de fort loin(du Fouilloux).

FORLANCER. Faire sortir l’animal de son gîte .

FORLONGER. Les anciens veneurs disaient se forloigner, terme d’une vérité plus imagée que celui dont nous nous servons aujourd’hui. L’animal qui, par la rapidité de sa fuite, augmente de plus en plus l’avance qu’il a sur les chiens se forlonge, ou se fait chasser en forlongé.

FORPAYSER. Un cerf très rusé se forpayse d’un bout à l’autre d’une forêt, c’est-à-dire va aux gagnages ou aux tailles dans les cantons situés tout à fait à l’opposé les uns des autres. Le loup, lui, se forpayse continuellemen .

FORT. C’est l’endroit le plus fourré du bois.

FORTITRER. Se dit d’un animal qui passe loin des relais.

FOUAILLE. C’est la partie du sanglier que l’on abandonne aux chiens après la chasse.

FOUET. Nous disons le fouet, et non la queue, d’un chien de chasse. Chiens sous le fouet : chiens très obéissants.

FOUGER. Se dit du sanglier qui déracine les plantes avec son boutoir.

FOULÉES. On dit aussi foulures, abattures. Ce sont les traces laissées par les pieds de l’animal sur le sol. On dit voie pour le cerf, le daim, le chevreuil et le lièvre, piste pour le loup et le renard, trace pour le sanglier.

FOULER. Fouler une enceinte signifie la parcourir en tous les sens soit à pied sait à cheval, avec des chiens courants en les appuyant de la trompe et de la voix, afin de les remettre sur la voie, ou de lancer un animal. Lorsqu’une bête a été portée bas, on la laisse quelquefois fouler au pilier par les chiens afin d’exciter leur ardeur.

FOURCHU. Le daguet fourchu est celui qui a une fourche (andouiller).

FRAICHURES. Parties de bois marécageuses.

FRAISE. Partie supérieure de la meule, synonyme de pierrures.

FRAPPER AUX BRISÉES. C’est découpler les chiens aux brisées faites à l’endroit où le valet de limier a détourné l’animal dont il a fait rapport, afin de l’attaquer.

FRAYER. Un cerf, un brocard fraye sa tête aux arbres, il trotte sa tête pour en détacher le velours (CC). Lorsque le bois a acquis sa nuance définitive, on dit que le cerf a frayé, bruni.

FRAYOIR. Baliveau contre lequel le cerf se frotte pour frayer.

FUIR. Ou ne dit pas qu’un animal court ou galope, mais bruni qu’il fuit.

FUITE. La voie du cerf lorsqu’il va fuyant, ou encore la distance d’un bond à l’autre dans le même cas. Lorsque la distance est grande entre chaque bond, on dit qu’il fait de bonnes fuites. En mesurant ces bonds, on se rend compte de la taille et de la vigueur de l’animal.

FUMÉES. On ne dit pas les fientes, mais les fumées d’un cerf. Selon les saisons, les bêtes fauves jettent des fumées très diverses de forme et de nature.

Fumées arse ou aiguillonnées : terminées par une pointe.

Fumées reliées : bien moulées.

Fumées dorées : bien colorées.

Fumées en buzards : molles.

Fumées en chapelet : liées par du glaire.

Fumées en plateaux : plates et rondes (printemps).

Fumées en troches : grosses et molles (juillet).

Fumées entées : soudées l’une à l’autre.

Fumées vaines : légères et creuses.

Fumées ridées : rayées.

Jadis, les veneurs qui allaient au bois apportaient les fumées à l’assemblée.

FUSEAUX. Ne dites pas les jambes de devant mais les fuseaux d’un animal


G


GAGNAGES. Pièces de terre semées de différentes sortes de grains dans lesquelles les animaux vont faire leur nuit.

GARDE A TOI. Afin de tenir en crainte son chien qui se rabat, le valet de limier lui parle en ces termes ‘Garde à toi ! Vieux ! ».

GARDES. Ergots des sangliers. Les bêtes noires donnent des gardes.

GARE . Quand le valet de limier ou le piqueur chargés d’attaquer entendent bondir l’animal ils doivent immédiatement avertir les veneurs en ces termes : ‘Gare ! Gare ! ».

GARGUTER. Un daim qui bondit d’effroi s’en va gargutant, c’est-à-dire en faisant entendre plusieurs hoquets gutturaux.

GITE. Place qu’un lièvre arrange au moyen de ses pattes pour s’y mettre à la reposée pendant le jour.

GLANDÉE. Le temps où le gland mûr tombe des arbres. Les animaux vont à la glandée.

GLAPIR. Le renard qui chasse ne crie pas, mais glapit, pousse un glapissement.

GLISSÉES. Une bête fauve on noire qui est sur ses fins fait des glissées, c’est-à-dire que ses jambes, devenues sans force par suite de la fatigue, elle glisse sur les talons et fuit, les pinces écartées.

GORGE. Le chien qui crie bien a une belle gorge. Est chiche de gorge le chien qui crie peu et mal. Le loup, le renard, le chien ne vomissent pas, mais rendent gorge.

GORGER. Le loup qui donne au carnage s’en gorge.

GOULÉE. Se dit d’un loup méfiant. Lorsqu’il se donne au carnage, n’en prend que trois à quatre goulées puis se sauve et ne revient se gorger que quelques instants après.

GOUSSANT. Chien lourd et trapu.

GOUTTIERES. Ce sont les raies creuses, les sillons, qui sont le long des bois des cervidés.

GRAS. Dans les équipages bien tenus, on sépare des autres chiens ceux qui sont trop gras. On les nourrit à part. C’est les mettre au gras.

GRÊLE. Le ton le plus élevé ou le plus aigu que l’on puisse donner avec le cor.

GRENADES. Les excréments des chiens.

GRÉS ou GRAIS. Ce sont les deux grandes dents de la mâchoire supérieure du sanglier contre lesquelles s’aiguisent les dents de la mâchoire inférieure.

GRISON. Quand le pelage du cerf ou du chevreuil tire sur le gris argenté ! On peut dire : c’est un signe précurseur d’un âge avancé.

GROS. C’est le ton le plus bas du cor.

GRUMELURES. Petites fumées désignant une bête âgée.

GUEULE. Chaud de gueule se dit d’ un chien qui crie sans raison. Se dit de la bouche du chien et du loup, du cerf… Un limier chasse de gueule lorsque, après avoir lancé l’animal, le veneur le laisse à dessein crier sur la voie (CC et du Fouilloux). Harnois de gueule : les victuailles et les flacons dont les veneurs se munissent pour le déjeuner à l’assemblée.


H

HABITAT. L’habitat du gibier est le milieu qui représente conditions nécessaires à son existence (température, nourriture etc.)

HA ! HAULT. Au bois en chassant, les veneurs s’entr’appellaient comme il suit : ‘Ha ! Hault ! »

HA ! HAYE. En s’efforçant de rompre les chiens qui ont tourné au change, les, veneurs les commandent en ces termes : ‘Ha ! Haye ! Mâtins ! Ha ! Haye ! »

HALEINE. Synonyme de fond, de résistance. Un cerf à sa deuxième tète est un animal de longue haleine et de meilleure haleine qu’un vieux cerf dix cors.

HALENER. Les chiens ont haléné la bête : ils ont saisi son odeur.

HALLALI. Cri de chasse annonçant que l’animal est sur ses fins. Il y a l’hallali courant, l’hallali sur pied on courant, enfin lorsque l’animal est tombé, on sonne l’hallali par terre.

HALLIER. Endroit fourni où le gibier se retire.

HAMPE. Poitrine du cerf.

HARDE. Troupe d’animaux ; aux premiers froids, ceux-ci se mettent en harde, s’attroupent. La harde est aussi le lien spécial utilisé pour tenir les chiens couplés ensemble.

HARDÉES. Bris de branches que font dans les fourrés ou taillis les hardes de biches.

HARDER. Tenir les chiens hardés, c’est les retenir au moyen des hardes. Les grands animaux se hardent ensemble.

HARDOIS. Quand le cerf et le daim ressentent les ardeurs du rut, ils font des ardois, c’est-à-dire se précipitent sur les cépées en fracassant leurs brins.

HARDOUÉES. Coups d’andouillers sur les branches ou dans le sol.

HARLOUP. Terme employé pour exciter le limier ou les chiens à chasser le loup : ‘Harloup ! Vieux ! Harloup ! » ou « Harloup mes beaux ! ».

HAROUT. Quand le valet de limier pousse la voie d’un animal, il actionne les chiens en ces termes : ‘Harout ! Vieux ! Harout à ly ! »

HARPAIL. Bande de biches hères. On dit aussi bichaille.

HARPAILLER. Les chiens harpaillent lorsqu’ils chassent ma

HARPÉ. Se dit d’un chien qui a l’estomac large, un peu bas, et le ventre et les flancs plus hauts et un peu rentrants

HASE. Femelle du lièvre

HAU ! HAU. Pour faire venir les chiens à soi : ‘Hau ! Hau ! Valets ! Haut ».

HAVA ! HAILA. Le limier étant à bout de son trait, le valet, pour l’engager à retourner lui parle ainsi : ‘Hava ! Haila ! Ho ! Garde à toi ! ».

HÉ. Terme dont les veneurs se servent pour rendre les chiens attentifs : ‘Hé ! Hourva ! ». Pour actionner son chien à se rabattre au contre-pied, le valet, en lui montrant la voie, lui parle en ces termes : ‘Hé ! Hourva ! L’ami ! Tiens ! Après ! ». Pour faire revenir à lui son chien, le valet de limier le commande ainsi : ‘Hé ! Vay-la ! Calchas ! Vay-la ! Vieux ! .

HERBEILLER. Les bêtes noires herbeillent lorsqu’elles vont dans les prairies faire leurs mangeures.

HERBIER. La panse d’une bête fauve.

HERE. Jeune cerf de six mois à un an.

HERPÉ. Un chien bien herpé est celui dont le jarret est bien droit.

HO ! HO. Termes daim lesquels les veneurs doivent appuyer les chiens d’attaque pour leur faire goûter aux brisées la voie d’une bête fauve.

HO ! LO ! LO LO LOO. Le valet de limier pour réchauffer l’ardeur de son chien l’actionne en ces termes : ‘Ha ! Lo ! Lo lo loo ! ».

HONNEURS DU PIED. Ils sont faits à la personne que le maître d’équipage veut honorer. Après l’hallali le piqueur apporte à cette personne le pied droit de devant de la bête de chasse pendant que l’on sonne ‘les Honneurs ».

HOTTE. Un animal de chasse sur ses fins porte la hotte.

HOU ! HOU. Le valet de limier qui détourne un sanglier ou un loup actionne de temps en temps son chien en ces termes : ‘Hou ! Hou ! Vieux ! Hou ! ».

HOU DEVANT. Pour engager son chien à aller au bout du trait, le valet l’actionne comme il suit : ‘Hou devant ! Mon ami ! Hou ! ».

HOUILLEAU. Les veneurs qui mènent les chiens et rencontrent sur leur chemin une mare ou un ruisseau doivent s’arrêter et inviter les chiens à s’y rafraîchir en leur disant : ‘Houilleau ! Valets ! Houilleau ! ».

HOURVA. Terme dont se sert le valet de limier lorsque son limier se rabat sur une voie et qu’il veut lui en faire prendre le contre-pied.

HOURVARI. Ruse d’une bête de chasse qui met les chiens en défaut en revenant sur sa voie. Pour rappeler alors les chiens, le veneur crie : ‘Hourvari ! ».

HOUZURES. Traces boueuses laissées par le sanglier sur les arbres autour des souilles.

HUÉE. Cris des hommes qui traquent le loup. On dit alors qu’ils huent.

HURE. Tète du sanglier.

HURLEMENT. Cri plaintif et prolongé du loup on du chien.

HURLEUR. Le chien courant qui, en chasse, crie sur un ton élevé.


J

JACQUE ou JAQUE. Autrefois certains chiens destinés à coiffer le sanglier, étaient revêtus de jacquet, matelas faits de toiles bourrées de crins qui les protégeaient des défenses du sanglier et des attaques du loup.

JAMBE. C’est l’ensemble formé par les os ou ergots des cerfs, daims, chevreuils. Elle est dite large ou serrée selon, la distance grande ou petite qui sépare ces os, ravalée lorsque les os s’abaissent sur le talon. Plus un cerf a la jambe forte, plus il est vieux. La jambe est belle ou mauvaise.

JAMBONNER. Les chiens jambonnent l’animal qui est hallali courant quand ils l’entourent et le happent aux jarrets ou aux cuissots.

JAPPER. Le renard ne crie pas, il jappe ou glapit.

JARRET. Aborder par derrière le cerf hallali sur pied et lui trancher d’un seul coup la corde tendineuse de la jambe de derrière, c’est lui couper le jarret.

JETER. On dit d’un cerf dont les bois tombent qu’il jette sa tête. Le cerf aussi jette ses fumées .

JOINTE. Un animal est haut ou bas jointé selon la longueur de sa jambe.

JOUIR. Un valet de limier fait jouir son chien en lui faisant lancer l’animal qu’il a détourné et goûter sa voie à la place même où il était à ta reposée.

JUGER. On juge un animal par ses allures ses fumées, ses portées, ses foulées, ses abattures.


L

LÀ. En montrant aux chiens la voie de l’animal, les veneurs les actionnent en ces termes : ‘ Y va là ! Au coute ! »

LÀ-BAS. Quand l’animal perce vers les bas-fonds, surtout en débucher, on doit appuyer les chiens comme il suit : ‘Y va là-bas ! Mes beaux ! Au coute ! ».

LA -HAUT. Quand l’animal fuit en gravissant des coteaux, les veneurs appuient les chiens en ces termes : ‘Y va là-haut ! Perce mes beaux ! Perce ! ».

LAIE. Femelle du sanglier.

LAISSE. Lien, en corde ou en crin, avec lequel on tient un chien.

LAISSÉES. Fiente du loup ou du sanglier.

LAISSER-ALLER. On dit d’un limier qui passe sur la voie sans s’en rabattre qu’il laisse aller la voie.

LAISSER-COURRE. Souvent employé comme synonyme de chasse à courre, signifie particulièrement le travail du valet de limier et l’attaque. Peut aussi désigner le terrain même de la chasse. C’est attaquer l’animal que l’on a détourné

LAISSER-SUIVRE. Signifie donner au limier quelques longueurs de trait, soit pour s’assurer le rembuchement de l’animal, soit pour le lancer.

LAMBEAUX. On désigne par ce mot les débris de peau velue qui restent attachés au bois du cerf, du daim ou du chevreuil alors que ceux-ci ont commencé à toucher au bois, ou que l’on trouve quelquefois au pied des frayoirs.

LANCÉ. L’endroit où l’animal a bondi devant les chiens. Si durant la chasse l’animal repasse à cet endroit nous disons qu’il est revenu à son lancé.

LANCER. Signifie fouler soit avec le limier, soit avec la meute découplée, l’enceinte dans laquelle on a détourné un animal quelconque que l’on se propose de chasser, pour le donner aux chiens. Lancer un cerf signifie le mettre debout et le faire partir de sa reposée.

LAPER. Le chien, le loup, le renard, ne boivent pas, mais lapent.

LARMIER. Fentes qui sont au-dessous des yeux du cerf, d’où découle une humeur jaune

LAY-LA. Pour tenir les chiens en crainte, les veneurs leur parlent en ces termes : ‘Lay-là ! Chiens ! Bellement ! ».

LESSES. Les bêtes noires ne fientent pas, elles jettent des lesses

LEVER LE PIED ou LA TRACE. On dit lever et non couper le pied d’un animal pour le tresser et l’offrir à la personne désignée par le maître d’équipage

LEVRETTER. « Courir le lièvre avec des lévriers »

LICE. La chienne (lice) qui a fait ses chiens est une lice déchargée. Laisser refroidir une lice, c’est attendre que sa folie soit éteinte.

LIER. Un chien ne saillit pas, mais lit une lice en folie.

LIEVRE. Gibier national le plus répandu et le plus connu ; se chasse en plaine, en bois et en montagne d’une façon savante et difficile car c’est un animal rusé et rapide. Petit quadrupède de l’ordre des rongeurs au pelage roux, il n’a pratiquement ni vue ni odorat mais beaucoup d’ouïe, il bouquine dès février ; sa hase fait plusieurs portées jusqu’à l’automne. Bien que très chassé, sa densité reste suffisante grâce aux repeuplements pratiqués dans notre pays.

LIGNER. On dit que le loup a ligné sa louve pour dire qu’il l’a couverte.

LIMIER. Chien courant qui a reçu une éducation spéciale et qui est employé à faire le bois. Ses principales qualités doivent être : avoir le nez fin, être discret et ne pas s’écarter une minute de la voie.

LIT. Se dit de la reposée du cerf. On dit aussi chambre.

LITEAU. Se dit de la reposée du loup.

LIVRÉE. Mouchetures qui se trouvent sur le corps des jeunes faons et des jeunes marcassins jusqu’à l’âge de cinq au six mois. On dit alors qu’ils portent la livrée.

LOUP. Le loup ressemble au chien de berger. Carnassier par excellence, il s’attaque à tous les gibiers. Son hurlement terrifiait jadis les campagnes. Aujourd’hui, on peut le considérer comme disparu de nos contrées, détruits par les lieutenants de Louveterie. Le courre du loup exigeait des hommes, des chevaux et des chiens un maximum d’endurance et de qualité. Jadis, un vieux loup se faisait battre deux, et même trois jours de suite.

LOUTRE. Son habitat est en général au bord des rivières et des étangs. Sa fourrure est très estimée en toutes saisons ; on lui reproche sa voracité prodigieuse sur les poissons. On la chasse à courre avec des chiens spécialement dressés : bassets ou griffons ne craignant pas l’eau et auxquels on demande beaucoup de courage car la loutre est un adversaire aux morsures redoutables.

LOUVART. Jeune loup de un à deux ans.

LOUVE. Femelle du loup.

LOUVETEAU. Jeune loup encore sous la mère.

LOUVETÉE. Ne dites pas portée, mais louvetée d’une louve.

LOUVETERIE. Équipage pour les chasses au loup. L’institution de la Louveterie remonte à l’année 1308, son organisation à 1520, sa restauration au 20 août 1814. La charge de Grand Louvetier a été supprimée en 1879.

LOUVETIER. Originellement officier ayant reçu des pouvoirs spéciaux pour faire et diriger les chasses et battues de loups. Actuellement c’est st un chasseur qui, ayant reçu commission pour chaque arrondissement d’un département, est chargé de la destruction des animaux malfaisants.